TEST - SAROS (PlayStation 5)

Une expérience qui vaut le détour

Par Julien Brière
Et voilà! Le très attendu SAROS est enfin disponible! Développé par le studio finlandais Housemarque, à qui l'on doit Returnal, et édité par Sony Interactive Entertainment, ce jeu d'action à la troisième personne mêlant roguelite et bullet hell débarque en exclusivité sur PS5. Porté par la performance de l'acteur Rahul Kohli (Midnight Mass, The Haunting of Bly Manor) dans le rôle principal, le titre promet une expérience solo intense sur la mystérieuse planète Carcosa. Mais est-ce que cette suite spirituelle de Returnal, dotée d'un budget de 76 millions de dollars, est à la hauteur des attentes? C'est la réponse que vous obtiendrez en lisant les prochaines lignes!


Histoire

Sur une planète lointaine nommée Carcosa, une puissante corporation, Soltari, exploite un minerai rare appelé Lucénite. Trois expéditions coloniales s'y sont succédé, et toutes ont mystérieusement échoué. Le contact avec une entité cosmique le ‘’Yellow Shore’’ a corrompu les premiers colons et déclenché une malédiction cyclique qui déforme le temps et rend la faune hostile à chaque éclipse. Au cœur de ce monde piégé, on incarne Arjun Devraj, un agent de Soltari envoyé avec la quatrième expédition, qui se réveille sans mémoire et part à la recherche de sa femme Nitya, disparue lors de la toute première mission. L'aventure débute dans un campement en ruine, où chaque indice retrouvé soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses, entre vestiges d'une civilisation disparue et menaces surnaturelles omniprésentes.


Gameplay et mécaniques

Manette en main, Saros fait très bonne impression. Les contrôles sont précis et dynamiques. Les esquives, les tirs et les déplacements répondent au doigt et à l'œil, et le tout est magnifiquement appuyé par l'utilisation de la manette DualSense. L'intégration du motion control est vraiment excellente. En effet chaque arme possède sa propre signature haptique, les gâchettes adaptatives offrent une résistance variable selon le type de tir utilisé (un pistolet rapide ne « pèse » pas la même chose qu'un fusil à énergie chargé), et en tirant la gâchette L2 à mi-course, on active un tir alternatif distinct pour chaque arme. On sent littéralement le poids et le recul de notre arsenal dans nos mains, et c'est probablement l'un des meilleurs usages du DualSense à ce jour.


Côté armes justement, l'offre est intéressante. Entre les handcannons, les fusils, les shotguns, etc, chaque classe a ses variantes avec des comportements bien différents. Le problème, c'est qu'on finit rapidement par trouver notre arme de prédilection (dans mon cas le fusil à balles chercheuses) et on délaisse tout le reste. Le jeu nous encourage à varier, mais la réalité du terrain fait qu'on revient toujours à ce qui fonctionne le mieux pour nous.


La progression, elle, est assez linéaire. On avance dans une structure plutôt « couloir », ponctuée de zones ouvertes où les combats se déploient dans des arènes. La mécanique centrale de l'Éclipse fait en sorte qu'à chaque mort, l'environnement se reconfigure complètement, ce qui rend chaque ‘’run’’ différent sur le papier. L'idée est séduisante et semble innovante au départ, mais on retrouve assez vite ses repères. La boucle de gameplay ne change pas fondamentalement d'une tentative à l'autre, et le jeu devient rapidement redondant. Ce sentiment est renforcé par un bestiaire qui manque de variété (à mon goût) on affronte souvent les mêmes types d'ennemis, et malgré les changements d'environnement, les rencontres finissent par se ressembler. Bref, malgré l'effort évident des développeurs, la promesse de renouvellement s'essouffle un peu trop vite. Le tout jumelé à une difficulté élevée, les joueurs moins bons ou moins persistants auront tendance à lâcher la manette assez tôt dans l’aventure.  


Ceci dit, les développeurs ont ajouté un système de bonus et de malus : Avant chaque cycle, on peut activer des modificateurs : certains facilitent l'expérience (plus de dégâts, bouclier gratuit), d'autres la compliquent (armes qui se dégradent, ennemis plus agressifs). Une jauge d'équilibre nous empêche d'empiler les avantages sans contrepartie. C'est bien pensé et ça permet à chacun de calibrer sa difficulté, mais une fois votre configuration idéale trouvée, on a peu de raisons d'en changer. Le fait est que cette mécanique ne se débloque qu’après une certaine progression dans le jeu. Certains ne se rendront même pas jusque-là!


Sur le plan technique, Saros fait le travail. Le jeu tourne sur Unreal Engine 5 et offre un 60 images par seconde stable sur PS5 (avec probablement une image encore plus nette sur PS5 Pro grâce à l'upscaling PSSR). Visuellement, c'est assez beau. Les biomes de Carcosa sont variés et la direction artistique se démarque de la majorité des jeux utilisant le même moteur. Cela dit, on ne parle pas non plus d'une claque graphique à couper le souffle. Les environnements font bien leur travail sans jamais vraiment surprendre, et certaines textures manquent de finesse quand on s'y attarde. Là où Housemarque brille vraiment, c'est dans la lisibilité de l'action. Les ennemis et les décors sont volontairement rendus dans des teintes plus sobres pour que les projectiles, codés par couleur, ressortent clairement à l'écran. Et petit détail que j'ai particulièrement apprécié : il est possible de personnaliser la couleur des projectiles ennemis directement dans les options d'accessibilité, ce qui permet de mieux distinguer les types (normaux, corrompus, nova) selon ses préférences ou ses besoins visuels. C'est le genre d'attention qui devrait être la norme dans tous les jeux du genre. Les cinématiques, elles, passent à 30 images par seconde pour privilégier la qualité visuelle, elles sont toutefois assez réussies.


Côté bande sonore, Saros fait le minimum sans jamais vraiment marquer les esprits. La trame musicale, mélange de l'électronique sombre qui ‘’fitte’’ bien avec l'ambiance oppressante de Carcosa. En exploration, les musiques et sons dans l’atmosphère font le travail pour installer une tension constante, et en combat, la musique monte en intensité pour accompagner l'action. D'ailleurs, un peu trop, car j'ai dû baisser le volume sonore tant le mix devenait agressif lors des affrontements les plus intenses. Les thèmes musicaux manquent cependant de personnalité. Quand on pense aux boss de FromSoftware où chaque affrontement a sa propre composition épique qui donne des frissons, ceux de Saros ne laissent pas la même empreinte. Les combats de boss sont visuellement spectaculaires, mais la musique par vraiment. Somme toute, la bande sonore est correcte et fonctionnelle, sans plus. 


Au final, Saros est un jeu qui fait beaucoup de choses bien sans jamais vraiment exceller dans un domaine en particulier. Housemarque livre un titre solide, porté par des contrôles impeccables, une utilisation exemplaire de la DualSense et une direction artistique qui tient la route. L'histoire d'Arjun sur Carcosa intrigue suffisamment pour nous pousser à avancer, et le système de bonus-malus offre une flexibilité bienvenue. Mais la promesse du renouvellement à chaque mort s'essouffle rapidement, la boucle de gameplay devient redondante, et le bestiaire trop limité finit par rendre les affrontements moins fun. Saros reste une expérience honnête qui vaut le détour pour les amateurs du genre, mais il manque à mon avis cette étincelle qui transforme un bon jeu en un jeu incontournable.

Les Plus :
  • Des contrôles précis et dynamiques
  • Une intégration du motion control et de la DualSense parmi les meilleures sur PS5 
  • Un système de bonus-malus bien pensé qui permet de calibrer sa difficulté  
  • Une direction artistique soignée et une bonne lisibilité de l'action à l'écran
Les moins :
  • Une boucle de gameplay qui devient redondante malgré les environnements qui changent à chaque mort 
  • Un bestiaire trop peu varié qui rend les combats prévisibles  
  • Un arsenal intéressant sur papier, mais on finit par n'utiliser qu'une seule arme 
  • Une structure linéaire en « couloir » qui limite le sentiment d'exploration
Note finale

*La copie du jeu utilisée pour la réalisation de ce test, provient de l'éditeur, lequel n'intervient aucunement dans le processus de création des critiques du Salon de Gaming de Monsieur Smith.

Développeur : Housemarque
Plateforme : PlayStation 5
Prix : 89,99$


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