Par Jacques Germain
Dès les premières minutes de Back to the Dawn, on comprend rapidement que ce n’est pas un RPG comme les autres. Le jeu nous plonge immédiatement dans une histoire sombre de corruption politique, d’injustice et de survie. Dans mon cas, j’ai choisi de commencer l’aventure avec Thomas le renard, un journaliste qui se retrouve derrière les barreaux après avoir découvert une conspiration impliquant le maire de la ville. Refusant de se taire, il est tout simplement piégé et envoyé dans une prison de haute sécurité. Et c’est là que tout commence.
Une introduction qui donne immédiatement le ton
Le prélude du jeu est particulièrement efficace. On assiste à la chute de Thomas, un journaliste qui croyait simplement faire son travail, exposer la vérité. Mais dans cette ville dirigée par la corruption, la vérité peut coûter très cher. Très vite, on comprend que son arrestation n’a rien d’un accident. On l’a fait taire et envoyé pourrir en prison. Quand Thomas arrive à la prison de Boulderton, ça démarre rapidement. On découvre l’univers carcéral, brutal et rempli de personnages aux motivations parfois douteuses, je dirais même trop douteuses.
Les premières heures servent surtout à comprendre comment survivre dans cet environnement hostile. Et survivre est vraiment le mot-clé ici car dans ma première partie, je suis malheureusement décédé dans mon sommeil. Le jeu nous donne 21 jours pour réussir à nous évader et prouver notre innocence. Chaque journée devient donc une ressource précieuse. Chaque décision compte. Cette mécanique crée immédiatement une tension narrative très efficace et honnêtement, ça m’a plu du début à la fin abrupte et trop tôt.
Une prison qui devient un véritable terrain de jeu
Ce qui m’a le plus marqué dans Back to the Dawn, c’est l’exploration de la prison. Contrairement à plusieurs jeux du genre, la prison n’est pas juste un décor. C’est un véritable écosystème, un genre de ville. On peut visiter différents endroits : les cellules, l’infirmerie, la cour, les égouts et même certaines zones interdites qu’il faut parfois avoir gagné assez en confiance avec un certain gang pour pouvoir y accéder. Chaque lieu cache des opportunités, des dangers ou des secrets. Mais surtout, la prison est remplie de personnages. On parle ici de plus de quarante détenus uniques selon le développeur, chacun avec sa personnalité, ses quêtes et ses intérêts. Et c’est là que le jeu devient particulièrement intéressant.
Les relations : le vrai cœur du jeu
Back to the Dawn est autant un RPG narratif qu’un jeu de stratégie sociale. Dans la prison, on ne peut pas survivre seul très longtemps. Il faut parler aux autres détenus, leur rendre service, gagner leur confiance… ou parfois les manipuler et risquer de se faire prendre, c'est ça qui me suis arrivé.
Certaines factions contrôlent différentes parties de la prison, et choisir avec qui s’allier peut complètement changer la suite de l’aventure. Personnellement, j’ai adoré cet aspect. Créer des relations avec les prisonniers donne vraiment l’impression de faire partie de cet univers, d’être un vrai prisonnier. On ne parle pas simplement à des PNJ pour obtenir une quête. On construit des alliances ou on creuse notre tombe.
Et ces alliances peuvent être cruciales pour s’évader. Certains détenus connaissent des passages secrets. D’autres peuvent fabriquer des objets ou fournir des informations importantes. Bref, chaque relation devient une pièce du puzzle pour finalement réussir à sortir. Comme mentionné, je suis mort dans mon sommeil. Était-ce à cause de la faim, d’un assassinat ou d’autre chose? Une chose est certaine : je n’ai pas bon pour utiliser les morceaux du puzzle que j’avais ramassés.
Un système de progression très flexible
Le jeu propose aussi un système de progression assez ouvert. On peut développer différentes compétences selon notre style de jeu : la force pour les combats, l’agilité pour les actions furtives, la persuasion pour manipuler les autres ou même certaines capacités plus techniques. Cette liberté est vraiment appréciable. C’est un peu comme un jeu Donjons et Dragons ou on décide qui on veut vraiment être. On peut jouer Thomas comme un prisonnier discret qui manipule tout le monde dans l’ombre… ou comme quelqu’un qui règle ses problèmes avec ses poings. Et le jeu s’adapte à ces choix.
Les combats et le système de dés
Un autre élément que j’ai particulièrement aimé, c’est le système de résolution des actions avec des dés. Certaines décisions importantes, que ce soit dans un combat, une infiltration ou une conversation passent par un système de tirage de dés. C’est simple, mais très efficace. Ça ajoute un côté Donjons et Dragons déjà mentionné qui fonctionne vraiment bien dans ce contexte. On ne sait jamais exactement si une tentative va réussir, même si on a les compétences nécessaires. Ce petit facteur d’imprévisibilité rend certaines situations très tendues. Et honnêtement, ça donne parfois des moments dont on se serait passé.
Une narration très réussie
Le scénario est probablement l’un des plus gros points forts du jeu.
Tout tourne autour d’une conspiration politique impliquant le maire de la ville. Thomas n’a pas été envoyé en prison par hasard : quelqu’un voulait clairement l’empêcher de révéler la vérité. Tout au long des 21 jours, on accumule des preuves, on découvre des indices et on comprend progressivement l’ampleur de la corruption. Ce qui est intéressant, c’est que l’histoire ne se déroule pas uniquement dans la prison. On reçoit aussi de l’aide de l’extérieur, notamment par l’intermédiaire d’alliés qui continuent l’enquête pendant que nous essayons de survivre derrière les barreaux. Le résultat est une narration très immersive. Et surtout, le jeu propose plusieurs routes d’évasion et plusieurs fins différentes, ce qui donne envie de recommencer l’aventure pour découvrir d’autres possibilités. De toute façon, de mon côté je n’aurais pas le choix de recommencer.
Le petit hic sur Switch 2
La version Nintendo Switch 2 tourne très bien dans l’ensemble. Ce n’est pas un jeu demandant. Le style pixel art est très réussi et la direction artistique fonctionne parfaitement avec l’ambiance carcérale du jeu. Cependant, en mode portable le texte est beaucoup trop petit. Comme le jeu contient énormément de dialogues et de narration, ça peut devenir fatigant pour les yeux quand on joue en mode portable. En mode téléviseur, le problème disparaît presque complètement. Mais en portable, c’est clairement un point que les développeurs pourraient améliorer dans une mise à jour.
Verdict
Back to the Dawn est une excellente surprise, il n’était pas du tout sur mon radar et je ne le connaissais pas, même s’il était déjà sorti sur d’autres consoles. C’est un RPG narratif intelligent, rempli de choix intéressants et porté par une atmosphère carcérale très immersive. L’exploration de la prison, la gestion des relations avec les détenus et le système de décisions avec des dés fonctionnent extrêmement bien ensemble. Mais ce qui ressort surtout, c’est la tension constante créée par la limite des 21 jours. Chaque action devient importante, chaque erreur peut coûter cher. Si vous aimez les jeux où vos choix comptent vraiment, celui-ci mérite clairement votre attention. J’ai presque envie d’aller réellement en prison.
Note finale
*La copie du jeu utilisée pour la réalisation de ce test provient de l'éditeur, lequel n'intervient aucunement dans le processus de création des critiques du Salon de Gaming de Monsieur Smith.
Back to the Dawn Site officiel
Développeur : Metal Head Games
Éditeurs : Spiral Up Games, Clouded Leopard Entertainment
Plateforme : Nintendo Switch 2 (ce test), Switch 1
Prix : 46,99$
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