Par Julien Brière
J’ai eu le plaisir de découvrir le troisième épisode de la série des Nioh. Toujours développé par l’équipe de Team Ninja, également à l’origine de Wo Long: Fallen Dynasty et de l’exclusivité PS5 à sa sortie : Rise of the Ronin, le studio a su s’imposer au fil du temps comme un expert reconnu dans le domaine du jeu, d’action de type souls-like, et de hack ’n’ slash. Reste maintenant à voir si cette nouvelle production répond aux attentes en ce début d’année 2026 : c’est précisément ce que je vais tenter d’analyser dans ce test.
L’histoire…
L’aventure nous transporte en 1622, au tout début de l’ère japonaise. Cette fois, plutôt que d’incarner un étranger venu d’ailleurs comme dans les deux premiers volets de la série, on entre directement dans la peau d’un héritier de la lignée des Shoguns. On joue Tokugawa Takechiyo, sur le point de prendre la relève de son grand-père, le légendaire Ieyasu, et de devenir le prochain Shogun du Japon. Mais rien n’est simple, votre frère, rongé par la jalousie de ne pas être choisi comme héritier, sombre dans l’ombre et s’allie à des forces obscures. Aveuglé par son désir de pouvoir, il lève une armée de Yokai pour marcher sur le château d’Edo et tenter de renverser l’ordre établi. L’intrigue se concentre donc sur cette lutte fratricide.
Un monde semi-ouvert
Une des principales nouveautés de Nioh 3 est la présence d’environnements interconnectés. Sans être un mode ouvert absolu, on a l’impression de pouvoir aller où on veut quand on veut. Personnellement j’aime bien ce sentiment car il incite à l’exploration et à la découverte. Comme à l’habitude, on a le droit encore ici à divers environnements et biomes mais qui sont un peu moins variés qu’un jeu qui n’aurait pas la contrainte d’être dans un pays en particulier. Étant au Japon, vous pourrez visiter des villages désolés, des prairies, des environnements montagneux etc. Le monde est particularisé par un concept de voyages à travers les époques qui vous permettront de visiter le même endroit mais dans une période chronologique différente.
Pour ce qui est de l’exploration, le monde est relativement bien rempli. Des trésors cachés, des camps à nettoyer, des PNJ sous forme de spectres à rencontrer qui vous donneront des quêtes plus différentes les unes que les autres et qui vous amèneront bien souvent à devoir battre des mini-boss. Sans dire que c’est parfait, je dois admettre qu’il a toujours quelque chose à faire dans Nioh 3 et parcourir son monde est amusant. N’ayant pas joué au deuxième épisode de la série, je peux toutefois affirmer que la structure en zones ouvertes de Nioh 3 rend l'exploration plus aérée et moins étouffante que Nioh 1. On a moins l'impression de buter contre un mur invisible, car on peut aller explorer une autre partie de la région pour monter en niveau avant d'affronter un boss.
Gameplay et mécaniques
En poursuivant la comparaison entre Nioh 1 et le troisième opus, on réalise à quel point l’expérience de jeu a évolué. Le premier Nioh m’avait marqué avec ses missions fermées, souvent sombres et complexes, où il fallait constamment revenir sur ses pas et surmonter des pics de difficulté dignes des meilleurs Souls. À l’inverse, Nioh 3 offre une toute nouvelle sensation de liberté : on peut se déplacer où bon nous semble, l’action est plus frénétique et on sent clairement l’influence du hack ‘n’ slash. Ce changement rend le jeu beaucoup plus accueillant, même pour ceux et celles qui n’ont pas l’habitude des titres ultra exigeants. Pour moi, c’est un vrai vent de fraîcheur qui risque d’attirer un public plus large.
Dans Nioh 3, tout va plus vite : les déplacements sont fluides, précis et on se retrouve rapidement à jongler avec une impressionnante panoplie de compétences, chacune liée à une vaste gamme d’armes. J’ai particulièrement apprécié l’ajout du tout nouveau système de "Dualité" Samouraï contre Shinobi. Ce mécanisme amène une belle profondeur au gameplay et permet vraiment de personnaliser son style de jeu, ce qui, à mes yeux, constitue l’une des grandes forces de ce troisième épisode.
Grosso modo, vous pouvez en tout temps changer votre style de combat et cela change radicalement le "feeling" du jeu. Pour faire simple, la Voie du Bushi (Samouraï) privilégie la posture, les parades parfaites et les duels frontaux. Elle débloque des compétences de commandement (buffs d'alliés) et l'utilisation d'armures lourdes sans pénalité de Ki (stamina) alors que la voie du Kage (Shinobi) met l'accent sur l'esquive, les outils (shurikens, explosifs) et la furtivité. Elle permet d'effectuer des assassinats critiques avant même que le combat ne commence vraiment. Cette nouveauté est honnêtement super bien intégrée et permet aux joueurs d’essayer plusieurs ‘’build’’ différents et ça, on aime ça!
Petit bémol toutefois, je trouve que ce n’est pas très évident de bien comprendre toutes les mécaniques du jeu. Il y en a une grande variété et les joueurs plus occasionnels auront tendance à se perdre dans tous les dédales et les possibilités qu’offre le jeu.
Un petit point faible à souligner : j’ai trouvé que la prise en main de toutes les mécaniques n’était pas des plus intuitives. Le jeu propose tellement d’options et de subtilités que les joueurs risquent facilement de s’y perdre et d’être submergés par la multitude de possibilités offertes… Vous comprendrez si vous y jouez!
Graphismes et optimisation
J’ai testé Nioh 3 sur la PS5 et, comme à l’habitude d’avoir deux choix pour le rendu graphique : soit le mode fluidité, qui mise tout sur la rapidité et la fluidité des images, soit le mode résolution, qui mise sur la qualité visuelle. Après avoir passé du temps avec les deux, j’ai clairement préféré le mode fluidité. Même en poussant tout au max avec le mode résolution, le jeu n’arrive pas à rivaliser avec des bijoux graphiques comme Ghost of Yotei. Puisque Nioh 3 est avant tout un jeu d’action, je trouve que c’est vraiment plus agréable d’avoir un nombre d’images par seconde élevé. J’ai aussi remarqué un peu de clipping quand j’ai essayé le mode résolution, ce qui m’a confirmé que le mode axé sur les fps est vraiment le meilleur choix pour profiter pleinement de l’expérience.
Un mot concernant l’interface utilisateur (HUD) : celle-ci, comme plusieurs mécanismes du jeu, manque de clarté, rendant complexe la distinction entre les différentes options disponibles.
Son et Musique
La musique du jeu accompagne très bien l’atmosphère, même si, honnêtement, elle ne sort pas vraiment du lot. Il n’y a aucun morceau qui m’a vraiment marqué ou qui m’a donné envie de le réécouter une fois la manette reposée. Côté effets sonores, c’est du solide : chaque coup d’arme résonne avec justesse et c’est franchement agréable à entendre pendant les combats. On sent que les développeurs ont mis l’effort là-dessus, même si la bande-son reste plutôt discrète et sans éclat.
Conclusion
En somme, Nioh 3 s’impose comme un digne successeur de la série, tout en osant prendre des risques pour se renouveler. Malgré une prise en main parfois exigeante et une interface qui gagnerait à être plus claire, le jeu réussit à offrir une expérience riche, intense et résolument amusante. L’équilibre entre la liberté d’exploration, l’action effrénée et la profondeur des mécaniques de combat fait de ce troisième opus une aventure à ne pas manquer, que vous soyez un habitué des jeux d’action exigeants ou simplement curieux de vous lancer dans un défi relevé. Nioh 3 n’est peut-être pas parfait, mais il possède ce petit quelque chose qui nous donne envie de replonger, encore et encore, dans son Japon fantastique. Si vous aimez relever des défis et que l’aventure vous appelle, vous trouverez assurément votre compte ici. Par ailleurs la durée de vie est conséquente (25 heures pour la quête principale voir davantage), vous en aurez pour votre argent. Bonne chance, jeune Shogun !
J’ai aimé
- L’équilibre entre liberté d’exploration et profondeur des mécaniques de combat
- La fluidité du gameplay en mode performance, idéale pour l’action intense
- Les effets sonores immersifs renforcent l’ambiance des combats
J’ai moins aimé
- La prise en main complexe des nombreuses mécaniques, parfois déroutantes
- Une interface utilisateur (HUD) peu claire qui nuit à l’expérience
Note finale
*La copie du jeu utilisée pour la réalisation de ce test provient de l'éditeur, lequel n'intervient aucunement dans le processus de création des critiques du Salon de Gaming de Monsieur Smith.
Nioh 3 Site officiel
Développeur : Team Ninja
Éditeur : Koei Tecmo
Prix : 93,49$
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