Ubisoft : la déception, l'espoir est-il permis?

Par Jérôme Rajot
Si vous êtes actifs un tant soit peu sur les réseaux sociaux, vous avez dû être mis au courant des allégations en vers la compagnie de jeu vidéo française, Ubisoft.

Suite à l'absence d'écoute de la part des responsables des ressources humaines au sein des divers studios en France et au Canada, les victimes de harcèlement se confient aux médias, le journal Liberation a fait deux gros dossiers après un excellent reportage sur le sujet. Des grands noms tombent, ils se pensaient absolument intouchables, mais se permettaient de toucher les autres... Beaucoup de harcèlement moral, des blagues misogynes de très mauvais goûts, aux remarques déplacées sur l'habit des employées (oh la belle robe, je reviens, je vais me masturber...), de harcèlement physique (frottage de pénis...), d'abus de position dominante (si tu veux te faire bien voir dans la compagnie, viens avec moi à l'hôtel...), jusqu'à des accusations de viols (saouler des personnes pour coucher avec, sans leur consentement), et du recèle de drogues, voire droguer

Ubisoft est une compagnie française, bretonne, qui a de grands studios au Canada, au Québec. Étant un Français ayant immigré à Québec, je suis très attaché à cette entreprise, et j'adore grand nombre de leurs jeux, Rayman, Prince of Persia, Child of Light, et surtout un grand fan d'Assassin's Creed. J'ai pu rencontrer beaucoup de personnes, surtout au studio de Québec (qui ne semble pas touché par les accusations), ça m'a fait un grand choc. C'est sûr que des blagues d'un goût douteux de vieux mon oncle cochon, c'est courant, ça n'a pas sa place dans les bureaux, mais on peut simplement les remettre à leur place. Mais de telles accusations, je suis effondré. Ce n'est pas tolérable, ce n'est pas excusable. Et surtout le pire comme indiqué dans le deuxième article de Liberation, c'est les DRH qui au lieu de protéger les victimes, protègent les coupables... Tout ça parce qu'ils sont bien placés dans la compagnie, ce qui leur donne encore plus de pouvoir... c'est inadmissible... Comment on peut se plaindre qu'il y a un manque de variété, d'inclusion, dans le domaine du jeu vidéo et avoir encore de tels agissements...

Au début, Ubisoft avait déclaré qu'ils allaient faire du ménage et faire une enquête avec du personnel externe. Le résultat, une des dirigeantes des RH de Paris a dit que si elle devait licencier et accuser toutes ces personnes, elle préférait démissionner... Voilà où en est la mentalité... Résultat, elle a démissionné, ouf ! Et d'autres grands noms ont quitté Ubisoft également, dont la tête pensante, le maître qui avait le droit de vie ou de mort sur tous les projets, celui qu'on pensait le plus intouchable de tous, Serge Hascoët ! Un grand soulagement pour toutes les victimes, mais on est encore loin de voir la lumière au bout de ce tunnel sombre... Pour le Canada, c'est le responsable de tous les studios canadiens qui saute, Yannis Mallat.

C'est en bonne voie, mais le fait que la compagnie n'ait pas voulu reporter sa conférence Ubisoft Forward hier dimanche 12 juillet, ni même ajouter un message même enregistré en FaceTime en début de présentation, déçoit encore, surtout avec un petit message d'excuse super vague sur les réseaux sociaux sans trop détaillé les accusations auxquelles ils font face. Lien vers la lettre de Yves Guillemot .

Oui, il y a la présomption d'innocence, mais toutes ces révélations démontrent bien un problème systémique au sein de l'entreprise et des différents studios, on n’est pas là devant une simple "cours de Justice sur les réseaux sociaux", mais bien devant un réel problème et des victimes qui ne sont pas écoutées.

Je veux croire en l'espoir, je veux penser à toutes ces victimes leur apporter tout mon soutien en tant que fan et joueur, et en tant que simple humain. J'aimerais aussi soutenir les milliers de bonnes personnes qui travaillent dans les différents studios, toutes ces personnes que j'ai pu rencontrer et qui ont été si adorables. Tous ces passionnés, qui aiment leur travail, qui aiment les jeux sur lesquels ils travaillent, qui respectent leurs collègues et les joueurs. Je n'ai pas eu le cœur de suivre l'Ubisoft Forward, j'en ai regardé que par après des bouts par-ci par-là, mais je me dis que si je boycotte les jeux, ce n'est pas que l'éditeur que je vais faire chier, mais que ça peut avoir un impact sur toutes ces bonnes personnes-là.

Je vais citer comme mon ami Claudio l'a fait le crédo des Assassins :

" Rien n'est vrai...Tout est Permis...

Dire que rien n'est vrai, c'est prendre conscience que les fondements de la société sont fragiles, et que nous devons guider notre civilisation.

Dire que tout est permis, c'est comprendre que... nous sommes les architectes de nos actes, et que nous devons en assumer les conséquences. Quelles soient glorieuses, ou tragiques."

Ceci n'est pas une étude complète de tout ce qui se passe, Liberation l'a assez bien fait, et je vous donner les liens des articles. Liberation 1er juillet , Liberation 10 juillet , Liberation 12 juillet

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Commentaires

  1. Super article et en même temps vraiment désolé d'entendre de tel chose. Je ne peu pas croire que certaine personne ce comporte de la sorte ☹️

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