Par Monsieur Ben
Je souhaite partager mon expérience personnelle, en expliquant comment ma manière de jouer a changé au fil des années. Mais je ne pense pas être le seul dans ce cas. Avec tout ce qui entoure le jeu vidéo de nos jours, les choix, la cadence des sorties et les différentes façons de jouer, je suis convaincu que beaucoup d'entre nous ont fini par modifier leur approche de cette passion. (Pour enrichir cette réflexion, j'ai délibérément ajouté des images des Stores disponibles sur diverses plateformes.)
Aujourd'hui, je réalise que ma manière de jouer a beaucoup évolué par rapport à celle que j'avais il y a quelques années. Avant, j'achetais un jeu, je l'installais et j'avais presque l'impression qu'il fallait que je le termine avant de passer au suivant. C'était la méthode qui me semblait la plus logique. Il y avait moins de sorties, moins de choix, et chaque nouveau jeu avait quelque chose d'unique.
Maintenant c'est totalement différent. Les catalogues sont pleins à craquer. Avec les nouveautés qui arrivent sans cesse, les jeux indépendants qui étonnent, les remasters, les remakes, les abonnements qui offrent accès à des centaines de titres et les promotions qui reviennent régulièrement, j'ai plus d'options que je n'aurai probablement jamais le temps d'explorer. Et au fond, c'est une très bonne chose.
Cela a simplement modifié ma façon de jouer
Aujourd'hui, je ne joue plus avec l'idée de tout finir. Je joue selon mes envies du moment. Il y a des soirées où j'ai juste besoin de décompresser après une longue journée. Je n'ai pas envie de réfléchir pendant des heures ni de relever un défi colossal. J'ai juste envie de lancer un jeu relaxant, de me balader dans un bel univers ou de refaire quelques missions que j'apprécie. D'autres fois, c'est tout le contraire. J'ai envie d'un jeu qui me pousse à me surpasser, qui exige que je recommence encore et encore avant d'y arriver. Puis, il y a ces moments où je retourne dans un vieux jeu simplement parce que son ambiance me manque, parce qu'une musique me revient en tête ou parce que j'avais envie de retrouver un univers que j'affectionne. Je ne me force plus à suivre un ordre précis. Je ne me dis plus qu'il faut absolument finir un jeu avant d'en commencer un autre.
Si mes envies changent, je change de jeu. Aussi simple que ça.
Pendant longtemps, j'avais l'impression que mettre un jeu de côté signifiait qu'il n'était pas à la hauteur. Avec le temps, j'ai compris que ce n'était pas le cas. Un excellent jeu peut simplement arriver à un moment inopportun. Parfois, je ne suis tout simplement pas dans le bon état d'esprit pour en profiter pleinement. Cela ne veut pas dire que je ne le relancerai jamais. Cela signifie juste qu'aujourd'hui, j'avais envie de vivre autre chose. Et je trouve ça tout à fait acceptable. Après tout, le jeu vidéo est un passe-temps. Pour moi, il devrait s'adapter à mes envies, pas devenir une contrainte. Je n'ai pas toujours le même temps libre, ni la même énergie. Certaines semaines, je peux jouer plusieurs heures. D'autres, je n'ai que quelques minutes par-ci par-là. Alors j'ai cessé de vouloir intégrer le jeu vidéo dans une routine parfaite. Je joue quand ça me tente, comme ça me tente.
Et c'est probablement ce qui me permet d'en profiter encore plus.
Le fameux « backlog » illustre bien cette nouvelle perspective. Pendant longtemps, je le voyais comme une montagne de jeux en attente. Une liste qui semblait s'allonger plus vite que je ne pouvais la réduire. À force de voir des discussions où tout le monde parlait de « vider son backlog », j'avais presque l'impression que c'était un but en soi.
Pour moi, un backlog ressemble davantage à une bibliothèque. Une réserve de jeux dont je peux choisir selon mon humeur. Certains jeux vont attendre plusieurs mois avant que je les lance. D'autres seront terminés en quelques jours. Certains seront abandonnés après quelques heures avant que je les redécouvre bien plus tard.
Et je n'y vois plus aucun souci. Personne ne se sent coupable d'avoir plus de livres qu'il n'a le temps d'en lire. Personne ne s'en veut d'avoir une longue liste de films à visionner. Alors pourquoi ce serait différent avec les jeux vidéo ?
J'ai aussi cessé de penser qu'un jeu ne vaut la peine que si je vois le générique de fin. Bien sûr, terminer une aventure procure souvent un sentiment d'accomplissement. Mais il m'arrive aussi de passer dix ou quinze heures dans un jeu, d'y vivre de très bons moments, puis de ressentir simplement l'envie de passer à autre chose. Et je considère quand même que cette expérience en valait la peine. Le plaisir que j'en ai retiré ne disparaît pas simplement parce que je n'ai pas terminé le jeu. J'adore plonger dans de nouveaux univers, essayer divers genres, passer d'une aventure narrative à un jeu indépendant, puis revenir quelques semaines plus tard à un RPG ou un jeu de stratégie. J'aime avoir l'impression qu'il y a toujours quelque chose à découvrir.
Je ne cherche plus nécessairement à tout voir. Je veux surtout continuer à être surpris.
Avec le temps, j'ai réalisé qu'il n'y a pas qu'une seule bonne manière d'être gamer. Certains passent des milliers d'heures sur leur jeu favori. D'autres commencent plusieurs jeux dans le même mois. Certains jouent presque uniquement en ligne, tandis que d'autres préfèrent vivre leurs aventures en solo. Au fond, aucune de ces manières de jouer n'est meilleure qu'une autre. L'important, c'est simplement de trouver celle qui nous correspond. Pour ma part, j'ai arrêté de mesurer mon plaisir en fonction du nombre de jeux terminés, du pourcentage de réussite ou de la taille de ma liste d'attente. Ce qui compte vraiment, c'est ce que je ressens quand je prends une manette ou que je lance un jeu qui me fait envie. Parce qu'au final, je joue pour le plaisir. Pas pour cocher des cases. Et si cela signifie commencer plusieurs jeux, en mettre quelques-uns de côté, retrouver d'autres des mois plus tard et ne jamais tous les finir… ça me va très bien.
-Après tout, ce qui compte, ce ne sont pas les statistiques.
-Ce sont les souvenirs que chaque jeu me laisse.
-Et c'est exactement comme ça que je veux vivre ma passion.
Finalement, je réalise que cette manière de jouer me convient mieux aujourd'hui. Et si d'autres personnes s'y retrouvent, tant mieux. On n'est peut-être pas tous faits pour jouer de la même façon, ni pour respecter les mêmes règles. Mais si on continue à jouer, à explorer, à apprécier, et à revenir à certains jeux juste pour le plaisir... c'est probablement ça qui compte vraiment. Parce qu'en réalité, il n'existe pas qu'une seule façon de jouer. Tant que ça nous représente, c'est ce qui importe.
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