Par Jacques Germain
Il y a des jeux qu'on aime pour leur côté brut et intransigeant. Et puis, il y a Romancing SaGa: Minstrel Song Remastered International. Trente ans après la sortie du jeu original sur Super Famicom au Japon (et 17 ans après son remake PlayStation 2, sur lequel ce remaster est basé), Square Enix nous ressort ce classique JRPG. Accrochez-vous, car l'aventure de Mirsa, Saruin et du fameux Barde (qui est probablement le personnage le plus gossant de l’histoire du jeu vidéo) est de retour, pour le meilleur, pour le pire, et surtout, pour les modèles 3D les plus cheap du marché.
Le Côté Nostalgique
Parlons tout de suite du positif : la nostalgie. Vous avez raison, retrouver l'univers de Mardias, c'est comme remettre un vieux gilet qu’on aime trop : ça gratte un peu, mais c'est tellement réconfortant. Le cœur du jeu, c’est le fameux Free Scenario System. Huit protagonistes, huit destins pour contrecarrer le retour du dieu maléfique Saruin. LE tout dans une liberté quasi-totale que j’ai aimé à l’époque mais plus maintenant. Et non, je vieillis après tout.
Si cette liberté était exceptionnelle à l'époque et bien ça devient pour moi en tout cas sa plus grande faiblesse aujourd'hui. J’ai perdu l’âge de chercher à droite et à gauche sans trop comprendre. On se sent comme un détective: on parle aux personnages, on découvre des rumeurs, on explore. Chaque petite décision influence le fameux Event Rank, un compteur invisible qui fait avancer le temps et les quêtes, souvent alors qu’on ne veut pas. Vous vouliez faire cette quête secondaire? Trop tard, l'Event Rank a augmenté, le méchant a gagné, et c’est l’échec pour vous. C'est ce côté « l'histoire, c'est toi qui la fais » qui rend cependant le jeu unique.
Les graphismes qui ne rendent aucunement hommage
Maintenant, abordons le sujet qui fâche, celui qui m’a fait grincer des dents et moi-même verser une larme de pixel : les graphismes.
Il est clair que ce remaster a conservé la direction artistique du remake PS2, mais en appliquant une couche de peinture haute définition. Le résultat est, pour rester poli, cheap. Les modèles des personnages ressemblent à des personnages Roblox de mauvaise qualité. On dirait qu'ils ont été sculptés dans de la pâte à modeler par un enfant de sept ans, puis passés à la friteuse pour leur donner cette texture lustrée.
Je comprends l'intention nostalgique de conserver ce look chibi un petit peu cute. Mais quand on voit d'autres remasters de l'époque, celui de Minstrel Song ressemble à une blague que seuls les développeurs de Square Enix comprennent. Les expressions faciales sont... absentes. Les mains sont de simples moignons tout carrés. Le contraste est encore plus frappant avec les sublimes décors pré-rendus de l'époque, qui ont été simplement upscalés et qui jurent avec l’aspect des personnages. Bref, je déteste de plus en plus les remastered cheap de Square Enix.
Les mises à jour
Heureusement, le remaster apporte son lot de modernisations bienvenues. Le plus important : le Speed-up. Pouvoir accélérer les combats et les déplacements sur la carte est une bénédiction. On passe d'un rythme de marche de tortue asthmatique à celui d'un aventurier qui a un rendez-vous urgent avec la belle dame du village. C'est vital pour les sessions ou vous voudrez augmenter vos niveaux.
L'ajout de nouveaux personnages jouables (comme Aldora, l'ancienne disciple de Mirsa) et de quêtes inédites donne une bonne raison de revenir, même pour les vétérans. De plus, les ajustements de qualité de vie, comme un New Game Plus plus et un suivi plus clair de votre Rang de Combat, (je ne rentrerais pas dans les détails) aident à rendre les systèmes du jeu légèrement plus... compréhensibles. Malgré des menus atroces, mais bon. Et il y a le mot International dans le titre, c’est maintenant qu’on nous offre encore plus de langue pour profiter, ou non de ce remastered.
Et puis, il y a la bande-son. Kenji Ito, au sommet de son art. Lui qui cumule plus d’une 30aines de soundtrack à son actif. Les musiques sont toujours aussi incroyables, épiques, entraînantes. Elles sont tellement bonnes qu'elles parviennent à vous faire oublier que vous êtes en train de regarder visuellement l’un des pires remastered de l’histoire (toujours selon moi).
Mon verdict
Romancing SaGa: Minstrel Song Remastered International est un jeu paradoxal. C'est une œuvre d'art JRPG dans son temps qui n'a pas peur de jeter le manuel à la poubelle, offrant une liberté narrative que la plupart des jeux modernes n'osent même pas rêver d'égaler. Le scénario est toujours aussi prenant, et l'idée d'avoir plusieurs fins différentes était (et reste) un coup de maître qui encourage l'expérimentation. Mais je suis rendu trop vieux pour ça.
Et il faut composer avec ces visuels atroces. Si vous pouvez passer outre l'impression de jouer avec des figurines LEGO animées par un stagiaire, vous découvrirez un RPG profond, riche et stimulant. Les ajouts de qualité de vie sont excellents mais ne sont pas non plus le grand vendeur du titre.
En fin de compte, si vous avez aimé l'original, ce remaster est la meilleure façon de le redécouvrir. Si vous êtes nouveau, préparez-vous à être dérouté, mais aussi à vivre l'une des expériences JRPG les plus uniques de votre vie dans un visuel des plus décevants.
Note finale
*La copie du jeu utilisée pour la réalisation de ce test, provient de l'éditeur, lequel n'intervient
aucunement dans le processus de création des critiques du Salon de Gaming de Monsieur Smith.
Romancing SaGa: Minstrel Song Remastered International Site officiel
Développeur : Square Enix
Éditeur : Red Art Games
Plateformes : Nintendo Switch (ce test), PS4, PS5
Prix : 38,99$
Aussi en édition physique par ici!
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