TEST - Yonder : The Cloud Catcher Chronicles Enhanced Edition (PS5, Xbox Series X|S)

Une expérience relaxante et apaisante

Par Eric Larouche
Yonder : The Cloud Catcher Chronicles est un jeu d’aventure en mode ouvert. Le jeu développé et publié par Prideful Sloth a été lancé sur PC et PS4 en 2017, et a fait l’objet d’un port sur Switch en 2018. La version qui fait l’objet du présent test a été parue fin juillet 2021 sur PS5, avec notamment un visuel amélioré pour supporter le 4K et 60 FPS. 


Une trame narrative simpliste, prétexte à une belle promenade

Le héros débute son aventure sur une île, accueilli par Aeerie, une entité qui ressemble à un grand esprit et désigné comme ayant été, autrefois, le fier protecteur de ces terres. Le grand esprit nous indique qu’il nous aidera à retrouver les nôtres, mais que nous devons d’abord chasser les Obscurités qui se sont répandues sur le monde de Géméa. Pour ce faire, nous devons trouver les esprits membre de sa famille qui seront en mesure d’éliminer ces Obscurités.

Certains esprits seront découverts naturellement durant la quête principale, d’autres dans des quêtes secondaires et certains seront tout simplement cachés dans le décor. Ceux-ci seront repérables lorsqu’on voit un petit nuage brillant, par exemple, dans un chaudron ou derrière un arbre. Il y a en tout 25 esprits qui pourront être découverts dans les différentes régions du jeu. Chacune des Obscurités nécessite un nombre d’esprits minimal pour être retirée et rendre accessible un trésor. Il à noter que rarement les Obscurités bloquent la progression dans l’histoire principale. 


La trame narrative est très générique et plus ou moins intéressante à suivre. Elle est plutôt le prétexte à une belle promenade à travers les huit régions qui feront découvrir des environnements variés, une faune surprenante, et tout plein de matériaux à récolter et d’objet à créer (« crafting »). Le mot « promenade » est tout particulièrement approprié car durant l’aventure, contrairement à d’autres titres du même genre, il n’y a absolument aucun combat et aucun moyen de périr. 

Tout au long du périple, il sera possible de récupérer tout plein de matériaux au sol (fleurs, pierres, branches, argiles, etc.) alors que d’autre matériaux (ex : bois, minerais, poissons) nécessiteront des outils (hache, pioche, canne à pêche, etc.). Durant l’aventure, des maîtres de guilde proposeront de joindre leur rang, ce qui permettra au héros d’apprendre à créer de nouveaux objets (ex : guilde des menuisier, guilde des artificiers, guilde des chefs cuisinier, …).


Une ferme productive, un commerce florissant 

Rapidement dans l’aventure, il sera possible de libérer des Obscurité afin d’obtenir une première ferme. D’autres pourront par la suite être trouvées et « réparées » pour accueillir des animaux propres à la région.

Pour peupler notre ferme, il faut construire les installations (ex : enclos, auge, abreuvoir) et attirer la créature ciblée vers la ferme. Pour se faire, il faut lui donner son « repas » favori. Une fois comblée, la bête se mettra alors à nous suivre pendant que l’on se dirige vers la ferme. J’ai trouvé cette mécanique un brin fastidieuse car, si le parcours est moindrement long, il est presque certain que le nouveau venu se retrouvera stupidement bloqué par une pierre ou un arbre. Il faut constamment faire du « baby sitting » et se déplacer ultra lentement pour atteindre la ferme pour bien s’assurer de rester accompagné...  


En plus des enclos pour les animaux, il sera possible d’exploiter la terre en construisant un potager ou un verger. Il sera ainsi possible de produire des ressources (ex : patate, myrtille, etc.) qui viendront s’ajouter à celles produites par nos créatures. 

Pour que la ferme prospère, soit propre et productive, il faut y affecter un employé. Pour se faire il faut nourrir un personnage quelconque avec plusieurs aliments bruts de moindre qualité (ex : un poisson cru) ou avec des créations plus distinguées (ex : de la poutine!).

Tout ce qui sera produit à la ferme pourra être utilisé dans divers recettes et créations et pourra faire l’objet d’échanges pour d’autres objets ou matériaux lors du commerce avec les différents marchands que l’on rencontrera.  Personnellement, j’ai trouvé cet aspect « commerce » plutôt agréable. Tirer profit avantageusement de mes récoltes et créations en fonction de la valeur des objets qui varient d’un village à l’autre m’a particulièrement plu.  


L’exploration, oui, mais les allers-retours, un peu moins

Comme il est question d’un jeu d’exploration avec des quêtes de « récoltes », il est normal d’avoir à se déplacer beaucoup et souvent avec des allers-retours. Toutefois, les chemins à prendre peuvent parfois être difficiles à repérer même en s’aidant de la carte du monde. À la longue, cela peut devenir un brin pénible. Heureusement, pour éviter la tâche fastidieuse, le joueur pourra en cours d’aventure trouver des pierres de sage qui lui permettront de se déplacer d’une pierre à l’autre. Pour activer les pierres, il aura à effectuer une petite quête (ex : pêcher un poisson d’une certaine taille, ramener un animal apprivoisé, etc.). Si j’avais un conseil à donner, c’est de repérer le plus tôt possible ces pierres qui rendront le voyage et les allers-retours beaucoup plus agréables.


Également, en complément aux pierres de sage, assez rapidement dans le jeu, on trouvera comment créer le « nœud du voyageur » qui permet de se déplacer vers une de nos fermes. 

Un monde vivant et vibrant mais des personnages plus ou moins attachants

Les paysages sont magnifiques, pleins de couleurs et de vie. J’ai trouvé les jeux de lumière bien réussis, particulièrement dans les endroits intérieurs (ex : grottes). J’ai trouvé que les différents animaux que l’on rencontre sont teintés d’imagination (mes enfants voulaient tout le temps que je les adopte, « tellement ils étaient cute »!). Le jeu nous fait vivre les quatre saisons, chacune d’elles apportant sa touche particulière du point de vue visuel et même certaines surprises (ex : vivre l’Halloween et faire la chasse aux bonbons, à la saison d’automne dans l’un des villages). Malgré que visuellement c’était à la hauteur, je n’ai pas senti, bien honnêtement, être en présence d’un titre de nouvelle génération sur mon tout nouveau PS5. 


Durant le voyage, on aura à interagir avec plusieurs personnages, essentiellement afin de nous donner les informations pour accomplir les différentes quêtes. Leur discours est teinté d’un humour léger, jeux de mots simples qui font sourire, mais sans plus. Personnellement, je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages qui sont plutôt génériques je dirais. Visuellement, ils ne sont pas très réussis et cela détonne avec le reste du paysage, beaucoup plus attirant visuellement.

Point de vue sonore, je trouve que les sons d’ambiance contribuent pleinement à la sérénité du voyage. Que ce soit durant un orage ou les bruits d’oiseaux dans une forêt, on se sent immergé du début à la fin de l’aventure.


Une interface utilisateur avec quelques irritants, qui nous suivent du début à la fin

Les contrôles sont simples et répondent généralement bien mais l’interface utilisateur comporte quelques irritants. J’en ai observé deux qui ont stimulé ma patience et qui je juge méritent d’être mentionnés.

Le premier est lors du choix de l’outil ou l’objet à utiliser pour accomplir une tâche sur le terrain (couper un arbre, pêche, planter une graine…). Pour ce faire, il faut circuler d’un item à l’autre en appuyant sur un bouton de la manette parmi une liste qui peut atteindre une douzaine d’objets. Comme tout le jeu est axé sur la « récolte » et qu’il faut sans cesse passer d’un outil à l’autre pour accomplir les différentes tâches, c’est quelque chose qui altère constamment notre expérience de jeu.

Le second est lors des transactions d’échange d’objets avec un marchand. Le compte des objets débute toujours au maximum et donc, pour modifier le nombre d’objets, il faut incrémenter ou décrémenter une unité à la fois. Si on a, par exemple, 50 exemplaires de bois et qu’on veut en échanger seulement 3 pour compléter une transaction, il faut appuyer quarante-sept fois avant de compléter la transaction…


Durée de vie variable, mais plus ou moins d’intérêt au-delà de la quête principale

La durée de vie du titre est directement associée à la façon dont le joueur abordera le voyage. Si l’on s’en tient à l’histoire principale, on peut boucler l’aventure en 6 à 8h. Toutefois, si on prend le temps de profiter du périple, de récolter constamment les matériaux ou d’effectuer la multitude de petites quêtes, le jeu peut s’allonger passablement. Il est à noter qu’une fois le jeu terminé, il est possible de continuer à visiter les différentes régions et découvrir ce qu’on aurait pu manquer. 

Il y a dans le jeu quelques surprises mais, pour ma part, je n’ai pas senti le besoin de m’étendre davantage. J’ai eu durant mon test la mauvaise expérience d’avoir des sauvegardes corrompues. Je n’ai malheureusement pas pu les récupérer car mes données n’étaient pas synchronisées dans le « cloud ». Bref, j’ai dû reprendre mon aventure par 3x avant de pouvoir en voir la scène finale, et rendu là, mon sentiment de découverte et mon entrain du départ s’étaient passablement essoufflés.


Un petit côté « Rince & Repeat » … mais avec un petit quelque chose qui nous garde accroché

Mon expérience avec les sauvegardes corrompues l’a mis encore davantage en évidence : ce jeu est extrêmement répétitif! Il faut récolter les matériaux, construire des objets, faire du commerce en exploitant les prix qui varient en fonction des villages et se déplacer d’un endroit à l’autre pour chercher davantage d’objets et les rapporter. C’est sensiblement la même « recette » que ce soit pour les quêtes secondaires ou la quête principale. 

Le jeu peut se résumer à faire ceci en boucle, pratiquement jusqu’à la toute fin.  Si on s’arrête à cette perspective, le jeu a peu de profondeur et est plus ou moins digne d’intérêt. Toutefois, si on approche le titre comme un petit moment relaxant et une belle promenade dans un décor splendide, si on aime rassembler des matériaux et exécuter des recettes ou formules, si l’on se laisse bercer par la musique qui colle vraiment bien au jeu, il se trouve que l’on peut facilement s’y laisser prendre et vivre un beau moment. 

Je dois également souligner que c’est un voyage qui semble devoir se vivre seul. En effet, il ne semble pas que ce soit un jeu qui soit agréable à regarder pour une autre personne assise à côté de nous. Ma  blonde et mon fils ont d’ailleurs ressenti la nausée à chaque fois que j’y ai joué, sans doute en raison du déplacement de la caméra, des nombreux changements de direction et arrêts-départs pour récolter des matériaux.


Conclusion

Vous l’aurez compris à la lecture du texte, Yonder : The Cloud Catcher Chronicles est un titre qui s’adresse à un public qui apprécie les jeux légers, sans défis ou difficulté. Il ne faut pas être rebuté par son volet répétitif et plutôt être prêt à se laisser « bercer » par la musique apaisante et les sons environnants. Pour ma part, j’ai apprécié le voyage mais, en bout de parcours, je m’étais un peu lassé des attraits qui avaient capté mon attention et mon imaginaire au départ. Vendu à 39,99$ CAD, c’est un prix qui me paraît juste en termes de contenu et d’expérience mais à condition que les attentes aient été calibrées.

Ce que j’ai aimé :
  • La musique apaisante et les sons environnants qui contribuent au sentiment d’immersion
  • Le calme du jeu
  • Le visuel splendide qui évolue sur les 4 saisons
  • Les créatures pleines d’imagination qui peuplent les huit régions
  • L’aspect « crafting », qui a un petit coté « addictif » (toujours satisfaisant de créer!)
  • Le bonus qui s’active pour la productivité et la présence d’animaux si on aide les régions et que l’on retire des « Obscurités » (cela donne une motivation) 
  • Le plaisir de découvrir un esprit caché dans l’environnement
  • Le petit « coté » addictif qui fait qu’on a le goût de s’arrêter et de ramasser tout ce que l’on voit dans les environs! 
  • Revenir à ma ferme et trouver toute la production réalisée en mon absence (à condition que je me sois doté d’un employé motivé!) 
  • La facilité de se laisser distraire et de changer d’objectifs constamment 
  • L’aspect commerce vu les valeurs des objets qui varie d’un village à l’autre
  • Le jeu est en français  
Ce que j’ai moins aimé :
  • L’histoire plus ou moins intéressante à suivre, à découvrir
  • Les personnages plutôt génériques
  • Les quêtes répétitives pratiquement toutes axées sur la récolte ou le « crafting »
  • Plusieurs des créations « via le crafting » n’ont pas d’usage dans le jeu, outre le volet esthétisme
  • Le moyen fastidieux pour peupler les fermes en attirant les animaux pas à pas
  • Chercher mon chemin, particulièrement pour atteindre les régions surélevées, avec une carte du monde qui ne m’aidait que partiellement
  • Le fait que j’ai eu des sauvegardes corrompues à deux reprises (je ne sais pas la cause, mais ce fut un irritant)
  • L’interface utilisateur pour les tâches de « récolte » de matériaux et celles pour le volet commerce, qui ont nui à mon expérience
Note finale

*La copie du jeu utilisée pour la réalisation de ce test, provient de l'éditeur, lequel n'intervient aucunement dans le processus de création des critiques du Salon de Gaming de Monsieur Smith.  

Yonder : The Cloud Catcher Chronicles - Enhanced Edition Site officiel
Développeur : Prideful Sloth
Éditeur : Merge Games
Plateformes : PS5 (ce test), Xbox Series X|S
Prix : 39,99$ (PS5) 26,99$ (PS4)
Aussi sur Xbox One, Nintendo Switch et PC

Une belle édition Signature est également disponible :


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